Voluminosité

Cet ensemble de photographies est extrait d’une résidence qui a été initiée par le centre culturel Le Volume à Vern-Sur-Seiche (35), de septembre 2009 à février 2010. J’ai proposé de réaliser un vrai/faux journal du Volume et choisi d’utiliser l’architecture du lieu comme un paysage. L’idée était de rester à distance, en retrait c'est une manière de mettre en relation les personnes et leur environnement, et de saisir la voluminosité des choses selon le néologisme employé par Merleau-Ponty, c’est-à-dire leur épaisseur et leur profondeur. Voir comme avoir à distance.
La distance, c’est aussi celle du journal. Historiquement, le journal est la mesure de l’étendue de terre que pouvait bêcher un homme en une journée. C’est très en relation avec la déambulation qui seule permet de monter ce journal du Volume : photographier en marchant, marcher pour photographier.
Dès le début du projet, j’avais envie de réaliser un grand nombre de photos. La salle d'exposition permettait de faire le tour avec les images, ce qui rappelle cet autre genre pictural : la peinture de panorama. Vues de ports, de villes, peinture de guerre servaient à créer des «spectacles» à 360 °. Ici, dans ce panorama cubique, où la vision est sollicitée à outrance, saturée par l’effet, par la masse de détails, on peut se demander ce qui s’est vraiment passé au Volume.